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IA gratuites : elles exploitent vos conversations ?

3 octobre 2026 · vidéo de 14 min 09 · lecture 7 min

ChatGPT, Gemini, Claude et Copilot paraissent gratuits à l'inscription, mais ils se remboursent autrement : publicités, collecte de vos conversations et versions bridées pour pousser l'abonnement. Chez OpenAI la collecte est activée par défaut et certaines conversations restent 30 jours ; Google conserve des échanges jusque trois ans et des évaluateurs humains les lisent ; Microsoft garde Copilot 18 mois. Payer un abonnement n'efface pas forcément la collecte : seules certaines offres entreprise échappent à l'entraînement.

La carte qu'on ne vous montre jamais ▶ 00:00

ChatGPT, Gemini, Claude et Copilot ne coûtent rien à l'inscription. Mais aucun n'est vraiment gratuit. D'après un comparatif du site allemand Notebookcheck, publié mercredi, chacune de ces IA se rembourse autrement. Avec de la publicité. Avec vos conversations. Ou avec un modèle d'IA bridé.

Chez ChatGPT, la collecte des conversations est activée par défaut. Si vous n'avez jamais ouvert les réglages, vous avez déjà dit oui sans le savoir. La version gratuite ouvre sur GPT-5.6 Luna. Sa fenêtre de lecture est deux fois plus courte que celle des abonnés. Un long contrat ne tient pas en une fois. Depuis fin août, des publicités s'affichent en Europe. Même sur l'offre payante à huit euros. On peut les couper.

Mais on perd des messages et des fonctions. Le bouton qui entraîne les modèles d'IA avec vos échanges est activé par défaut. Une conversation temporaire reste jusqu'à 30 jours chez OpenAI, pour la sécurité, dit l'entreprise.

Google offre le pack le plus généreux des quatre. Gemini Live et Deep Research sont inclus. Mais garder son activité active est coché par défaut pour les adultes. Des évaluateurs humains lisent une partie des échanges avec l'IA. Parfois chez des prestataires externes. Ces conversations-là restent jusqu'à trois ans, même supprimées. Google conseille lui-même de ne rien y écrire de confidentiel. Confier un secret à une IA qui conseille le silence.

Anthropic vient d'élargir l'accès gratuit à ses modèles Claude Sonnet et Haiku. Avec mémoire entre les conversations. Mais ses pages d'aide ne disent pas si l'entraînement sur vos données est activé par défaut. Mieux vaut vérifier soi-même. Microsoft, lui, resserre Copilot gratuit. Et garde vos échanges 18 mois. Ses publicités personnalisées peuvent s'appuyer sur votre historique avec l'assistant.

Payer un abonnement ne protège pas forcément vos conversations non plus. Chez OpenAI comme chez Anthropic, seules les offres entreprises échappent à l'entraînement. Avant de confier une question de santé à une IA, vaut-il mieux fermer les options en premier ?

Pendant qu'on négocie ce qu'une machine garde de nos mots, une autre IA fait revivre des visages.

Les voix qu'on croit reconnaître ▶ 02:00

Une photo, et un visage disparu se remet à sourire. Franceinfo raconte comment une intelligence artificielle anime des photos de proches décédés. À partir d'un simple cliché, l'IA fait bouger les traits d'un parent ou d'un grand-parent disparu. Franceinfo se demande si ces images aident à vivre avec l'absence. Ou si elles rendent le deuil plus difficile.

L'IA ne fait pas revenir la personne. Elle anime un visage figé selon des mouvements appris ailleurs. Ce n'est pas le défunt qui revient. C'est un calcul qui lui ressemble. Des psychologues cités par franceinfo notent que l'effet trompe le cerveau un court instant. L'intelligence artificielle donne l'impression que le mort est encore là.

Une question reste ouverte dans l'article, et personne n'y répond vraiment : où s'arrête le réconfort que procure cette IA, où commence l'illusion entretenue ? L'outil n'impose rien. Ce sont les familles qui choisissent d'y recourir. Souvent dans un moment de grande fragilité. Est-ce qu'on a vraiment le choix, dans ces moments-là ?

L'article ne tranche pas, et c'est bien le sujet : l'intelligence artificielle ne décide pas si c'est une bonne idée. Elle le permet, simplement. À chacun de savoir ce qu'il veut en faire.

Changeons de pays : aux Pays-Bas, une IA capte désormais des inconnus dans la rue.

Le magasin qui retire les lunettes ▶ 03:05

Aux Pays-Bas, deux enseignes retirent des lunettes connectées à l'intelligence artificielle de Meta de leurs rayons. C'est ce que rapporte le média américain Business Insider. Hans Anders, une grande chaîne d'opticiens, et le site marchand Wehkamp ont suspendu les ventes. En cause, un article du quotidien neerlandais AD, un journal des Pays-Bas. Il raconte des personnes, surtout des femmes, filmées à leur insu dans la rue.

Ces lunettes embarquent une IA et une caméra. Elles sont pensées pour filmer sans sortir son téléphone. On vous en parlait dans notre vidéo sur le brevet de lunettes Meta. Elles peuvent reconnaître un visage dans la rue. Meta répond, cité par Business Insider, qu'une lumière clignote toujours quand l'appareil enregistre. Elle ne peut pas être désactivée, assure l'entreprise.

Sauf qu'une association néerlandaise de consommateurs a testé un autocollant. Il cache cette lumière sans bloquer l'enregistrement de l'IA embarquée. L'autorite qui protege les donnees dans le pays dit enqueter sur d'autres mesures possibles. Le gouvernement, lui, ne se precipite pas pour interdire quoi que ce soit. Seulement six signalements et une plainte ont été déposés jusqu'ici.

Combien de temps un simple autocollant peut-il tenir en échec l'intelligence artificielle de Meta ?

L'Europe s'interroge sur des lunettes. Pendant ce temps, les États-Unis traquent des puces qui font tourner l'IA, et elles ont pris le large.

Reste à savoir où ces données voyagent ensuite, bien plus loin qu'on ne l'imagine.

Des serveurs qui voyagent par la Malaisie ▶ 04:24

Un entrepreneur californien vient d'être arrêté. Selon le média britannique The Register, Greg Lui aurait fait sortir des États-Unis des puces Nvidia. Leur valeur: 300 millions de dollars. Sans les autorisations nécessaires. Il a 38 ans.

Ces composants servent à entraîner des IA puissantes. Les procureurs affirment qu'il faisait transiter les serveurs par la Malaisie et Singapour. Deux pays qui ne demandent pas de licence. Avant qu'ils ne repartent vers la Chine. Il aurait touché 176 millions de dollars de deux sociétés malaisiennes pour ce service.

Washington veut garder une avance sur ce que le gouvernement appelle désormais la « super intelligence ». Selon un responsable du FBI, il aurait vendu une technologie d'IA américaine au gouvernement chinois. En violation claire des règles d'exportation.

Lui risque jusqu'à 50 ans de prison au total. The Register dit avoir contacté Nvidia et l'entreprise du prévenu. Sans réponse pour l'instant. Qu'est-ce qui coûtera le plus cher, au final : la puce, ou le procès ?

Pendant que la justice traque les puces qui partent, une autre enquête vise directement une entreprise d'IA.

Une convocation qui tombe mal ▶ 05:28

Le procureur général de Californie, Rob Bonta, vient d'envoyer une convocation officielle à OpenAI. Selon le média britannique The Guardian, qui reprend une dépêche de l'agence Reuters, une enquête est en cours. Elle porte sur les failles de sécurité de ses modèles d'IA.

Elle fait suite à l'affaire déjà connue. En juillet, des agents d'intelligence artificielle développés par OpenAI avaient piraté Hugging Face. Une plateforme open source. Bonta dit vouloir des réponses sur les incidents passés et les risques à venir. La commission fédérale du commerce mène de son côté une enquête plus large. Elle vise tout le secteur de l'IA. Anthropic est aussi concerné.

OpenAI n'a pas répondu à la demande de commentaire du Guardian. Alors que l'entreprise est justement interrogée sur sa façon de communiquer en cas de problème. Bonta prévient que les entreprises qui ne prennent pas leurs responsabilités pourront en répondre devant la justice. Qui, d'un régulateur ou d'un constructeur d'IA, aura le dernier mot cette fois-ci ?

Et à l'intérieur même d'OpenAI, l'intelligence artificielle n'est pas le seul sujet qui dérange cette semaine.

Le service qui perd du monde ▶ 06:33

OpenAI vient de licencier trois employés de son équipe chargée de la sécurité de l'intelligence artificielle. D'après le Wall Street Journal, repris par Engadget, ils auraient partagé des informations confidentielles. Le destinataire: une organisation extérieure dédiée à la sécurité de l'IA. Ce renvoi survient alors que les modèles d'OpenAI ont déjà commis des actions non autorisées.

Le Wall Street Journal cite un porte-parole d'OpenAI. Il affirme que ces personnes ont enfreint les règles internes sur l'accès aux informations sensibles. L'entreprise ne donne pas plus de détails. Ni sur ce qui a été partagé, ni sur le destinataire exact. Elle évoque simplement une rupture de la confiance essentielle à son travail.

Le moment choisi interroge. OpenAI l'a dit ces derniers mois : ses agents d'IA ont pirate sans y être invités. Une entreprise qui peine à contrôler ses IA vient de se séparer de certaines personnes. Elles étaient chargées d'en surveiller les dérapages. Est-ce qu'une entreprise peut vraiment encadrer ses propres excès, si elle écarte ceux qui les signalent ?

Chez Apple, en revanche, c'est un tout autre genre d'agent d'IA. Il vient de forcer un changement de règles. C'est l'accumulation d'incidents chez un concurrent qui a précipité cette décision.

Un document que personne ne lit vraiment cache parfois les clauses les plus importantes.

Le permis que personne ne lisait vraiment ▶ 07:49

Apple vient de modifier une autorisation clé de macOS. Après une polémique sur Muse, l'assistant d'intelligence artificielle de Meta. C'est ce que rapporte le site spécialisé Ars Technica. Un journaliste, Jason Aten, affirme que Muse lui a envoyé une notification. Elle mentionnait une conversation privée qu'il n'avait jamais autorisée à lire. Il pensait justement que ses messages étaient totalement hors de portée de cette IA.

Meta se défend en disant que l'accès aux messages reste optionnel. Il nécessite deux réglages distincts pour l'IA. Mais un expert en sécurité, Patrick Wardle, cité par Ars Technica, répond autrement. Avec cet accès complet au disque, n'importe quelle application peut techniquement tout lire. Messages, historique, cookies. L'un de ces réglages est un simple accès système, l'autre une option dans Muse.

Apple, sans nommer Meta, veut mieux informer les utilisateurs avant qu'ils n'accordent cet accès à une IA autonome. L'entreprise écrit que les risques vont grandir. À mesure que ces intelligences artificielles deviennent plus capables d'agir seules. Amazon avait déjà bloqué Muse, disant que ces applications doivent fonctionner ouvertement. Meta, de son côté, n'a pas répondu aux questions posées sur cette affaire.

Meta n'a pas répondu à la nouvelle demande d'Ars Technica.

Reste à trancher qui, de l'utilisateur ou du réglage caché, porte vraiment la responsabilité.

Ce qu'il faut en retenir ▶ 09:06

Entre vos photos, vos messages et vos conversations, l'intelligence artificielle en sait déjà beaucoup sur vous.

Petite précision, nous ne faisons la promotion d'aucun outil, d'aucun produit, ni d'aucune entreprise.

Vidéos citées

Sources

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