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ChatGPT volé et revendu sur le dark web ? Votre abonnement piraté

5 octobre 2026 · vidéo de 8 min 38 · lecture 6 min

Des pirates revendent des accès volés à des abonnements d'IA (ChatGPT, Claude) sur le dark web, parfois à -97 % du prix. Google Threat Intelligence alerte sur cette hausse en 2026 : le titulaire paie toujours son abonnement sans savoir qu'un inconnu l'utilise. Pire, des groupes s'infiltrent aussi dans des serveurs cloud pour installer leurs propres modèles : l'entreprise piratée paye la facture de calcul.

Des caméras qui vous reconnaissent ▶ 00:00

Des habitants arrachent des caméras à la disqueuse. Aux États-Unis. franceinfo a filmé la scène ce week-end, à Atlanta. Ces boîtiers noirs, ils appartiennent à Flock. L'entreprise déploie des lecteurs de plaques dopés à l'intelligence artificielle, dans tout le pays. Et ces scènes se multiplient depuis des mois, elles circulent largement sur les réseaux sociaux.

Pourquoi un tel déchaînement contre de simples caméras ? Parce que l'intelligence artificielle qui les anime, elle retient chaque trajet de votre voiture. Jour après jour. Dans un seul quartier d'Atlanta, on en croise près de 80. Votre plaque peut y être lue des dizaines de fois. En quelques minutes à peine, grâce à une lecture automatique par IA. Et ces lecteurs, ils sont déployés par centaines de milliers à travers tout le pays.

"C'est de la surveillance de masse", dit une habitante interrogée par franceinfo. Un autre pense à Big Brother. Un troisième résume la question que tout le monde se pose : si ce logiciel aide la police, tant mieux. Mais s'il écrase la vie privée, il faut l'arrêter. Des témoignages qui reflètent une inquiétude partagée, face à une surveillance jugée excessive.

Le vrai problème, ce n'est pas la machine elle-même. C'est ce qu'en font certains policiers. franceinfo rapporte que plusieurs agents américains sont poursuivis. Ils auraient utilisé cette IA de reconnaissance de plaques pour traquer leur propre conjoint. Les garde-fous pour les en empêcher, eux, restaient quasiment inexistants. Et tous les déplacements d'un véhicule restent consignés dans une base de données consultable par la police.

Flock a réagi. Son patron, Garrett Langley, a présenté ses excuses : "Je suis désolé que Flock n'ait pas été à la hauteur", a-t-il déclaré, selon franceinfo. L'entreprise limite désormais à sept jours l'historique que son IA conserve. Elle affirme aussi détecter automatiquement les usages abusifs. Plus de 150 villes américaines ont quand même préféré rendre leurs caméras. La caméra, elle, continue de veiller depuis son poteau.

Mais Flock a aussi des résultats à montrer. En juillet, son IA a permis de retrouver un suspect d'enlèvement en moins d'une heure, selon l'entreprise. Plus d'un million d'affaires résolues au total grâce à cette technologie, assure-t-elle. Alors l'entreprise ne compte pas ralentir : Elle prépare des drones pilotés par IA. Ils pourront scanner des milliers de plaques à la demande des forces de l'ordre. L'objectif affiché reste d'aider les forces de l'ordre à lutter contre la délinquance.

Et cette tension entre sécurité promise et vie privée rognée par une machine, on la retrouve ailleurs. Dans les salaires mêmes de l'industrie de l'IA. Cette même question, elle revient partout où la technologie promet de nous protéger.

Et ce plafond invisible, l'intelligence artificielle pourrait bien le rendre encore plus solide.

Le plafond de verre version IA ▶ 02:30

Dans l'industrie de l'IA, qui touche vraiment les gros salaires ? Pas les femmes, selon une enquête du Guardian signée Arielle Pardes. Elles ne représentent qu'un quart des nouvelles embauches liées à l'IA. Contre la moitié dans les autres métiers tech.

Dans les postes de direction en IA, ce chiffre tombe à 13 %. C'est ce que montre un rapport de LinkedIn, cité par le Guardian. Pire encore : les femmes occupent surtout des postes que l'IA menace directement. Le service client, par exemple.

Les emplois liés à l'intelligence artificielle paient pourtant plus du double des autres, selon ce rapport. Mais les femmes qui travaillent dans l'IA, elles restent concentrées dans les tâches les moins payées. L'annotation de données, par exemple. Résultat : un écart de salaire médian de 45 000 dollars entre hommes et femmes dans ce secteur.

Urvashi Batra dirige une start-up d'IA. Elle raconte au Guardian qu'on la prend moins au sérieux que son associé masculin. Devant des investisseurs, le duo a appris une leçon amère : mieux vaut que ce soit lui qui présente leur projet d'IA.

Jayeeta Putatunda, ingénieure en IA citée dans l'article, décrit des journées de 12 heures. C'est le prix pour rester dans la course. Après quatre mois de congé maternité, dit-elle, elle est revenue à des modèles entièrement différents. Ici, quatre mois d'absence ressemblent à un voyage dans le temps.

Une responsable d'AnitaB.org, organisation pour les femmes dans la tech, parle carrément d'un recul.

Pendant que l'IA invente des métiers neufs, elle semble recycler de vieux déséquilibres.

Et ailleurs, d'autres cherchent justement à la rendre moins dangereuse, pour les plus jeunes.

Une armée d'agents en sentinelle ▶ 03:58

Et si une IA se faisait passer pour un enfant de six ans ? Le but : piéger un chatbot dangereux. C'est exactement ce que fait Circuit Breaker Labs. TechCrunch présente cette start-up, sous la plume de Julie Bort.

Shirali et Arul Nigam, un frère et une sœur, ont fondé l'entreprise après une affaire précise. Un adolescent s'était attaché à un chatbot de Character.AI, selon la plainte de ses parents citée par TechCrunch. D'autres familles poursuivent aussi OpenAI, pour le rôle de ChatGPT dans des drames similaires.

Leur solution : des agents d'IA qui imitent des profils humains très différents. Une fillette de six ans. Un homme de 45 ans. Quelqu'un qui parle anglais en langue seconde. Ces faux utilisateurs générés par IA testent des centaines de milliers d'échanges chaque jour. Ils cherchent les failles d'un chatbot, avant qu'un vrai utilisateur ne les trouve.

Pourquoi ça vous concerne ? Ces IA testent des applis de coaching, de journal intime, de soutien psychologique. Des outils utilisés par de vraies personnes en détresse. Un modèle qui comprend mal l'argot ou les fautes de frappe peut dérailler. Selon Arul Nigam, il peut "prendre une décision vraiment dangereuse".

L'entreprise ne compte que cinq employés, frère et sœur compris. Ils auditent pourtant des IA utilisées par des millions de gens. Un seul vigile pour surveiller tout un centre commercial.

Pendant que certains testent la sécurité des IA, d'autres les détournent carrément.

Pour voler leur puissance de calcul.

Le vol qui ne laisse aucune trace ▶ 05:21

Et si quelqu'un utilisait votre abonnement ChatGPT, sans que vous le sachiez jamais ? Numerama, sous la plume d'Amine Baba Aissa, raconte ce qu'on appelle le "LLM-jacking".

John Hultquist dirige l'analyse chez Google Threat Intelligence Group. Il a alerté le Financial Times fin septembre sur la hausse de cette pratique en 2026. Des pirates revendent, sur le dark web, des accès volés à des abonnements d'IA. Claude Max, ChatGPT Pro, facturés jusqu'à 200 dollars par mois. L'acheteur paie une fraction du prix. Avec des rabais pouvant atteindre 97 %, selon Hultquist.

Pendant ce temps, le vrai titulaire du compte continue de payer. Sans se douter qu'un inconnu utilise son accès à l'IA. Certains vendeurs promettent même un remplacement gratuit, si le compte se fait bloquer.

Un second scénario inquiète davantage Google. Des groupes, parfois liés à des États, s'infiltrent dans les serveurs cloud d'entreprises. Ils y installent leurs propres modèles d'IA. L'entreprise piratée paie la facture de calcul. Les attaquants, eux, ne déboursent rien. Hultquist cite un groupe chinois d'espionnage, déjà actif contre les États-Unis.

La méthode copie le cryptojacking, qui détournait des machines pour miner des cryptomonnaies. Avant, on volait du calcul pour miner des cryptomonnaies. Maintenant on vole du calcul pour nourrir une IA déjà volée.

Et ce que ces mauvaises mains ont réussi à faire va vous laisser sans voix.

Des banques coréennes à nu ▶ 06:38

25 000 clients d'une banque sud-coréenne ont vu leurs données fuiter en quelques jours. Selon le Korea Times, le président Lee Jae Myung a ordonné ce dimanche une enquête approfondie. La cible : une série de piratages visant les banques du pays, menés avec l'aide suspectée d'outils d'IA.

Après la Shinhan Bank, trois autres grandes banques ont signalé des incidents similaires. Noms. Numéros de téléphone. Revenus annuels. Plafonds de prêts. Toutes ces informations ont fuité, rapporte le Korea Times. Et certains numéros d'identité nationale ont aussi été exposés.

La fuite a dépassé les grandes banques. Une caisse d'épargne a signalé une fuite touchant environ 40 000 clients.

Qu'est-ce qui relie ces attaques entre elles ? Des enquêteurs ont examiné un serveur lié au piratage de Shinhan. Ils y ont trouvé un outil chinois de test d'intrusion piloté par IA. Le titre de la page du serveur contenait une phrase en chinois. Elle désignait une "console autonome de test de pénétration par IA".

Les autorités n'excluent pas que cette intelligence artificielle ait servi à mener les attaques. Elles redoutent surtout un effet domino : du phishing vocal, utilisant les données volées pour piéger encore plus de clients. Les patrons ont surtout retenu la date de la prochaine réunion.

Face au danger, les autorités recommandent d'accélérer l'adoption d'outils de sécurité pilotés eux aussi par IA.

Combattre le feu par le feu, en quelque sorte.

Ce qu'il faut en retenir ▶ 08:03

Caméras arrachées. Salaires inégaux. Abonnements volés. Banques piratées. La même technologie protège et menace, selon qui la tient… sur le papier. Regardez-la, si ce thème vous a marqué.

Petite précision : nous ne faisons la promotion d'aucun outil, d'aucun produit, ni d'aucune entreprise.

Vidéos citées

Sources

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