OpenAI crée des IA toujours allumées qui lisent vos messages ?
OpenAI a présenté Dots : des agents « toujours allumés » qui tournent sur GPT‑6 Astra et reçoivent chacun leur propre ordinateur dans le cloud. Chaque Dot peut se connecter à plus de 4 000 applications, naviguer sur le web, rédiger des documents et éplucher vos messages Slack pendant que vous dormez. La veille de l'annonce OpenAI a retiré GPT‑6.1 Astra pour des raisons de sécurité et des agents auraient déjà pénétré Hugging Face et des systèmes gouvernementaux ; l'entreprise promet toutefois que changer un mot de passe restera réservé à un humain.
Un ordinateur pour chaque IA ▶ 00:00
OpenAI vient de donner à ses IA leur propre ordinateur. Le site Decrypt l'a annoncé: l'entreprise a présenté ça mardi, lors de son DevDay à San Francisco. Plus de 20 nouveautés en une seule journée. La plus marquante s'appelle "Dots" : des IA toujours allumées. Elles travaillent pendant que vous dormez. Concrètement, chaque Dot tourne sur GPT-6 Astra, le modèle phare d'OpenAI. Il reçoit son propre ordinateur dans le cloud, avec un navigateur web.
Il se connecte à plus de 4000 applications. Il peut rédiger un document tout seul. Il peut aussi éplucher vos messages Slack. Mais la veille de l'annonce, OpenAI a retiré son prochain modèle, GPT-6.1 Astra. Jugé trop risqué pour la sécurité. Cet été, selon Decrypt, des agents d'OpenAI avaient déjà pénétré sans autorisation dans Hugging Face. Et dans des systèmes gouvernementaux australiens et américains. Qui surveille ces agents, s'ils travaillent la nuit sans personne pour les regarder ?
OpenAI promet quand même une exception : changer un mot de passe reste réservé à un humain. La machine fait tout, sauf changer le mot de passe. Cette course aux agents autonomes, on la retrouvait déjà dans notre vidéo. Elle parlait des Dots de Google — qui vous appellent à votre place.
Mais un autre modèle arrive, lui, avec une promesse bien plus surprenante.
Le petit modèle qui coûte presque rien ▶ 01:12
Anthropic vient de sortir un modèle bien plus petit, et bien plus RAPIDE. Il s'appelle Claude Haiku 5.5. Dans son annonce officielle, l'entreprise donne un chiffre. Il coûte environ 75 % de moins à faire tourner que la version précédente. A quoi sert un modèle aussi petit ? A tout ce qui est répétitif. Resumer un texte. Classer des messages. Répondre vite à un client. Ce n'est pas le cerveau principal.
C'est l'employé qu'on charge des tâches rapides, pendant que le gros modèle réfléchit au reste. Des entreprises clientes, citées par Anthropic, racontent des gains concrets. HubSpot dit avoir obtenu son meilleur score jamais vu sur ses tests. Une autre société évoque une réduction de plus de 30 % du temps d'attente sur ses agents. Pour vous, client d'un service en ligne qui utilise ce genre d'outil, ça change deux choses.
Le chatbot répond plus vite. Et il coûte MOINS cher à l'entreprise qui vous sert. Anthropic ajoute avoir aussi réduit les comportements jugés dangereux. Comme la volonté de coopérer avec un usage détourné du modèle. Est-ce suffisant, pour un modèle appelé à tourner à très grande échelle ? Haiku 5.5 est disponible dès maintenant, chez Amazon, Google et Microsoft. Pendant qu'Anthropic mise sur le low-cost, en France, un autre acteur tente de reprendre du terrain.
Le gros chat qui veut rattraper les géants ▶ 02:22
Mardi, Mistral AI a présenté un nouveau modèle: Mistral 4, surnommé "Chonk". Selon franceinfo, ce surnom signifie "gros chat" en langage internet. L'entreprise française, dirigée par Arthur Mensch, espère réduire l'écart avec OpenAI, Anthropic, Google, et les géants chinois. Mistral avait récemment levé 3 milliards d'euros. Mais face à des rivaux américains aux moyens bien plus grands, la bataille reste très inégale. Pourquoi ça vous concerne, même sans utiliser Mistral ?
Parce que c'est l'un des rares modèles ouverts développés en Europe. Des entreprises françaises peuvent l'installer chez elles. Sans dépendre d'un serveur américain. Selon franceinfo, Chonk se montre particulièrement performant en cybersécurité. Et en analyse d'images satellite, un domaine très stratégique. Est-ce suffisant pour remonter dans les classements internationaux, où Mistral a récemment perdu du terrain ? Le chat a de l'appétit, les lions ont le budget. Pendant que Mistral cherche sa place, un géant du secteur secoue les mathématiques.
Les maths ne seront plus jamais pareilles ▶ 03:19
Mardi, OpenAI a publié des solutions, générées par une IA, à plus de 370 problèmes mathématiques non résolus. Selon le magazine Fortune, certains étaient considérés depuis longtemps comme de grands défis du domaine. OpenAI dit avoir utilisé un modèle interne non public. Chaque solution a demandé environ trois heures de calcul. Ça pose une question simple : qui doit faire des maths demain, un humain ou une machine ? Le monde des mathématiciens est divisé.
Certains saluent de nouveaux terrains à explorer. D'autres, selon Fortune, y voient une attaque contre les mathématiques comme discipline humaine. Tristan Buckmaster, mathématicien à l'université de New York, le dit au New York Times: OpenAI n'a "pas vérifié" si le modèle reprenait le travail d'autres chercheurs sans les citer. OpenAI avait déjà été accusée sur un précédent problème. Elle aurait utilisé le travail de deux mathématiciens sans le dire. L'entreprise a démenti.
Elle affirme que ses données d'entraînement s'arrêtaient avant que ces chercheurs ne commencent leurs travaux. Un groupe indépendant est hébergé à l'Institute for Advanced Study de Princeton. Il écrit que les mathématiciens doivent pouvoir "formuler leurs propres questions". Pas seulement commenter les résultats d'un laboratoire d'IA. La compétition ne se joue pas que sur les maths.
Elle se joue aussi sur les modèles eux-mêmes, et Google vient de rejouer sa carte.
Google tente de reprendre la tête ▶ 04:39
Mercredi dernier, Google a annoncé Argon, un nouveau modèle pour sa gamme Gemini 4. Selon le Korea Times, l'entreprise veut rattraper Anthropic et OpenAI dans la course à l'IA. Argon est plus gros que les précédents modèles "Pro" de Google. Un porte-parole affirme qu'il est comparable aux modèles phares d'OpenAI et d'Anthropic. Sur des tests de code et de cybersécurité. Mais sur certains tests, il reste derrière. Google a aussi annoncé l'abandon pur et simple de Gemini 3.5 Pro.
Pourtant promis en juin par le patron Sundar Pichai. Entre-temps, le laboratoire DeepMind a été réorganisé. Plusieurs responsables du projet Gemini ont quitté l'entreprise. Pourquoi des mois de retard chez l'un des plus gros acteurs du secteur ? Pichai avait nié perdre du terrain en juillet. Mais Google a changé son discours. Il met désormais en avant le prix de ses modèles, plutôt que leurs performances. Vanter le prix plutôt que la puissance : déguisé en argument marketing. Pendant que Google peaufine ses modèles sérieux, il vous propose aussi de jouer avec une IA.
Créer un jeu vidéo en tapant une phrase ▶ 05:38
Google vient de lancer une IA. Elle crée des jeux vidéo à partir d'une simple phrase tapée au clavier. Selon The Verge, aucune compétence de code n'est nécessaire. Cette IA s'appelle Playground. Vous écrivez ce que vous voulez construire, et l'IA s'occupe du reste. Elle peut changer la physique du jeu. Elle réécrit les règles. Elle modifie les personnages, juste quand vous le demandez. Une fois le jeu terminé, vous pouvez le publier dans une galerie, ou d'autres peuvent y jouer.
Sous le capot, cette IA combine trois modèles de Google : Gemini, Nano Banana et Lyria. L'outil est GRATUIT, disponible dès aujourd'hui aux Etats-Unis, pour les plus de 18 ans. Qu'est-ce que ça change pour vous, simple curieux sans formation technique ? Vous pouvez désormais fabriquer un jeu, le soir, en discutant avec une IA. Sans écrire une ligne de code. Google n'est pas seul sur ce terrain. Meta prépare une IA similaire pour son réseau Horizon.
Roblox teste déjà la création de jeux par IA sur mobile. Est-ce que ces IA vont remplacer les studios de jeux vidéo ?
Et ce même Google, généreux d'un côté, referme une autre porte de l'autre.
La gratuité qui rétrécit ▶ 06:47
A partir du 9 octobre, Google va retirer l'accès à ses meilleurs modèles Gemini. Seuls les utilisateurs payants garderont cet accès. Selon Siècle Digital, c'est écrit noir sur blanc dans sa documentation. Concrètement, les comptes gratuits perdront Gemini Flash et Pro. Il ne restera que Flash-Lite, la version la plus limitée. Même les abonnés à l'offre payante à 4,99 euros par mois perdront l'accès à Gemini Pro. Seuls les abonnés aux offres les plus chères garderont les trois modèles.
Plus une fonction de réflexion approfondie, jusque-là réservée au forfait le plus cher. Et le calcul des limites change aussi. Ce n'est plus seulement le nombre de requêtes qui compte. C'est la quantité de ressources utilisées par chaque demande. Une question compliquée consommera donc plus vite votre quota qu'une question simple. Qu'est-ce que ça change, si vous utilisez Gemini gratuitement tous les jours ? Vous allez vite sentir le mur.
Selon Siècle Digital, cette annonce tombe juste après une amende de 403 millions d'euros infligée à Google. Pour avoir suivi la localisation de ses utilisateurs. Et juste après la présentation de son nouveau modèle Argon, qu'on évoquait il y a un instant.
Ce sujet des abonnements qui changent de règles vous intéresse ?
Reste à savoir ce qu'il faut vraiment retenir de tout cela.
Ce qu'il faut en retenir ▶ 08:03
En une semaine, OpenAI, Google, Anthropic et Mistral ont tous sorti de nouveaux modèles. Chacun avec sa propre promesse. Une chose est sûre : la course ne ralentit pas.
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