Google veut un collègue IA qui agit seul : vos données en jeu
Google a présenté Gemini transformé en agent capable d'agir seul : il a son propre compte Google Workspace et peut se connecter à Slack, Jira, Gmail, Microsoft 365 et même à des bases de données comme Snowflake. Google dit que Gemini sert déjà un milliard d'utilisateurs par mois et des entreprises comme PayPal ou BNP Paribas testent ces agents qui vont chercher des dossiers et accomplissent des tâches sans humain.
Google veut un collègue qui ne dort jamais ▶ 00:00
1 milliard de personnes utilisent Gemini chaque mois. Et Google vient de lui donner un corps dans l'entreprise. Jeudi, lors d'un évènement Google Cloud, l'entreprise a présenté un agent capable d'agir SEUL, pas seulement de répondre.
Pourquoi Google transforme-t-il Gemini en collègue plutôt qu'en simple assistant ? Selon TechCrunch, qui cite le PDG Sundar Pichai et le patron de Google Cloud, Thomas Kurian… l'IA doit recevoir des objectifs. Pas seulement des instructions.
Deux preuves le montrent. Un : l'agent a son propre compte Google Workspace. Sa propre adresse email. Il connaît les équipes, les fuseaux horaires, les plannings. Deux : Il se connecte à Slack, Jira, Gmail et Microsoft 365. Et même aux bases de données internes comme Snowflake, selon TechCrunch.
Autrement dit, Gemini ne répond plus à vos questions. Il va chercher le dossier, il remplit le formulaire… et il prévient quand c'est fait.
Des entreprises comme PayPal ou BNP Paribas sont déjà clientes, selon TechCrunch. Un email reçu demain pourrait avoir été rédigé par une IA, pas par un collègue. Pour vous, client d'une banque qui utilise Gemini Enterprise, une partie du service passe déjà par cet agent. Sans que vous le sachiez.
Il ne réclame jamais d'augmentation.
Et cette panne, survenue le soir même, en dit long sur la suite
Panne en direct, le soir même ▶ 01:13
Le soir même de cette annonce, Gemini est tombé en panne. Dans plusieurs pays, selon Clubic.
Des utilisateurs en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et jusqu'à Singapour ont vu des messages d'erreur. C'est Clubic qui le rapporte. Certains ne pouvaient plus charger leurs anciennes conversations.
La panne n'était pourtant pas totale. La rédaction de Clubic affirme avoir testé plusieurs versions de Gemini sans rencontrer de problème. Preuve que l'incident ne touchait pas tout le monde pareil.
Vers 21h23, Clubic signale que l'incident semblait résolu. Le tableau de bord officiel de Google Workspace, lui, n'a jamais mentionné le moindre souci.
Comment un service utilisé par 1 milliard de personnes tombe-t-il en panne ? Sans que son propre tableau de bord s'en aperçoive ?
Pour vous, utilisateur de Gemini en France, une erreur affichée ce soir-là ne venait pas forcément de votre connexion. Une entreprise qui bâtit ses outils sur l'API de Gemini a pu voir ses services tomber — en même temps que Gemini lui-même. Sans aucune explication officielle.
Il gérait tout, sauf répondre.
Et pendant que Gemini plantait, un autre assistant IA se faisait piéger par une page web piégée.
Un site piégé, un mot de passe envolé ▶ 02:23
Un site web peut voler les mots de passe d'un développeur. Juste en étant visité par son IA.
Selon le média britannique The Register, des chercheurs d'Adversa AI ont fait une découverte. Ils ont trouvé une faille dans GitHub Copilot CLI, l'assistant de codage de Microsoft utilisé en mode autonome.
Deux mécanismes l'expliquent. D'abord, la page piégée cache des instructions chiffrées. Invisibles pour les filtres de sécurité classiques. Ensuite, l'IA elle-même décide de les déchiffrer et de les exécuter. Elle pense suivre une tâche normale.
Qui décide, dans cette histoire ? L'humain… ou la machine ?
The Register précise que l'attaque ne marche pas à tous les coups. Elle dépend du modèle choisi par l'outil, parfois sans que l'utilisateur le sache. Sur le modèle de Microsoft testé, l'attaque a réussi une fois sur deux.
Interrogé par The Register, GitHub a confirmé que son équipe de sécurité avait validé la découverte. Mais l'entreprise refuse d'y voir une faille du produit. Elle estime que l'utilisateur a lui-même déclenché l'action en consultant la page.
Un développeur qui laisse son assistant naviguer seul sur internet prend un risque. Un simple clic de l'IA peut suffire à transmettre ses identifiants. Pour vous, ça veut dire qu'un outil censé vous faire gagner du temps peut tourner contre vous. Il peut ouvrir la porte à quelqu'un d'autre, sans un geste de votre part.
Et si le danger, ce n'était pas ce que l'IA refuse de faire ?
Mais tout ce qu'elle accepte de faire sans qu'on le lui demande vraiment.
ChatGPT dessine, calcule, joue ▶ 03:50
ChatGPT ne se contente plus d'écrire du texte. Il dessine des schémas, des boutons, des mini-outils… direct dans la conversation.
Selon The Verge, OpenAI lance une fonction appelée Intelligent UI avec son nouveau modèle GPT-6.
Deux exemples le montrent. Un : demandez comment fonctionne un vélo. ChatGPT affiche un schéma interactif avec des boutons sur chaque pièce, écrit The Verge. Deux : demandez un calculateur de retraite ou un partage d'addition entre amis. L'IA génère l'outil directement, sans quitter la discussion.
Avant, ChatGPT expliquait comment marche une calculatrice. Maintenant, il vous en construit une.
The Verge précise que GPT-6 existe en deux versions. Sol, pour les abonnés payants. Luna, pour les comptes gratuits, plus légère.
Concrètement, pour un utilisateur gratuit de ChatGPT, l'outil visuel arrivera un peu plus tard. Avec un modèle moins puissant que celui des abonnés payants. Pour vous, ça change la manière de lire une réponse : un graphique à l'écran, plutôt qu'un paragraphe à déchiffrer.
Est-ce que lire une réponse en images change vraiment ce qu'on en retient ? Ou juste ce qu'on en voit ?
Mais pendant que les IA soignent leur image, une autre question se pose.
Qui paie pour le contenu qu'elles utilisent ?
Google paie, mais ne dit pas combien ▶ 05:01
Une centaine de sites touchent déjà de l'argent de Google. Pour avoir nourri ses réponses IA.
Selon Siècle Digital, qui cite une enquête de The Information. Google a lancé un programme baptisé « AI contribution pilot ».
Deux chiffres le prouvent. Un : un éditeur aurait touché près d'un million de dollars en un an, selon The Information. Deux : un autre n'aurait reçu qu'entre 50 000 et 60 000 dollars sur la même période.
Comment Google calcule-t-il ce montant ?
Siècle Digital précise que personne ne le sait vraiment. Un simple encart apparaît dans la Search Console de l'éditeur, sans détail sur le calcul.
Concrètement, pour les petits sites d'actualité, ce programme peut devenir une nouvelle source de revenu. Là où leur trafic s'effondrait depuis l'arrivée des résumés IA de Google. Pour les grands médias, en revanche, les montants restent trop faibles. Siècle Digital le compare à la publicité classique.
Et en France, c'est un autre genre de méfiance qui a coûté sa place à une IA.
Cette fois au cœur de l'État.
Bercy débranche l'IA chinoise ▶ 06:05
Le ministère de l'Économie français a débranché une IA chinoise. Après des soupçons de biais pro-pékinois.
Selon L'Informaticien, qui cite Le Monde et l'AFP, Bercy a testé depuis juin le modèle chinois Qwen, d'Alibaba, dans un outil interne surnommé HéphAIstos.
Deux faits l'expliquent. D'abord, une centaine d'agents du Trésor l'utilisaient pour transcrire des textes. Ensuite, certains ont remarqué des réponses jugées orientées sur des sujets liés à la Chine, selon Le Monde.
Qu'est-ce qu'un biais invisible peut changer dans un ministère qui conseille le gouvernement ?
Un haut fonctionnaire cité par Le Monde juge ce choix « gravissime ». Ca concerne la politique commerciale française face à la Chine. Bercy assure, de son côté, que le modèle tournait en local, sans connexion internet ni fuite possible de données.
Concrètement, les agents du Trésor n'utilisent plus l'outil chinois Qwen : Mistral AI, l'entreprise française, a remplacé Qwen par son propre modèle. Pour vous, citoyen, ça montre qu'un État peut tester une IA étrangère au cœur de ses services. Avant même de se poser la question de son influence.
On confie à une IA chinoise un avis sur la Chine. Et on s'étonne qu'elle ait un avis.
Et ce choix d'une IA étrangère n'est pas isolé.
Même Mistral, la pépite française, doit composer avec l'étranger pour survivre.
Mistral, le dilemme français ▶ 07:19
Mistral AI, la pépite française de l'IA, doit pactiser avec des géants étrangers. Pour continuer d'exister.
Selon ZDNet France, l'entreprise a signé en juillet un partenariat avec Microsoft. Malgré son ambition affichée de souveraineté européenne.
Deux raisons l'expliquent. Un : construire un centre de données capable d'entraîner des modèles géants coûte environ 50 milliards d'euros, selon ZDNet. Deux : l'Europe manque de capitaux pour suivre ce rythme. Ce qui a poussé Mistral à faire entrer le coréen Samsung à son capital.
Peut-on rester souverain, quand on a besoin de l'argent des autres ?
ZDNet relève même que Mistral déploie des modèles chinois sur son infrastructure. Pour rester compétitif face aux Américains.
Une entreprise française peut vouloir héberger son IA sur ses propres serveurs, en toute sécurité. Mistral reste une option pour ça, notamment pour la Défense ou les banques. Mais pour l'avenir de l'entreprise, ZDNet évoque une piste : une probable double entrée en Bourse, à Paris et à New York. Faute de financement suffisant en Europe.
De Google à Mistral, une même question revient dans chacune de ces histoires.
Ce qu'il faut en retenir ▶ 08:30
En une semaine, Google a voulu faire de son IA un collègue. Pendant qu'elle tombait en panne le même soir.
Petite précision : nous ne faisons la promotion d'aucun outil, d'aucun produit, ni d'aucune entreprise.